Bio ou Naturel ? Greenwashing ?

« Pourquoi tu t’emmerdes à acheter des produits bios ? »
« T’as pas l’impression de te faire prendre pour une imbécile en achetant un produit deux fois plus cher juste parce qu’il y a marqué bio dessus ? »
« Non mais t’façon c’est bien connu, y’a quand même des pesticides dans les produits bios »
« Perso, je vois pas la différence »
« Le bio c’est un truc de Bobo qui a du fric à perdre : c’est ultra marketing !« 

blorg

Petit florilège de réflexions que l’on m’assène souvent.
Le choix du bio, tout comme le véganisme par exemple, semble illustrer un mode de vie radical et excluant. Et est critiqué, voire méprisé pour cela.
Et pourtant !! Je ne peux pas dire que j’essaie à toute force de convaincre mon entourage.

[Trembleeeeeeeeeez, Mécréants !!! L’âge des Produits Sains est arrivé !!
Jetez-moi ces MM’s dehors, piétinez-moi ces chips, détruisez-moi ces pots de crèmes glacées, et remplacez tout par du Tofu Soyeux (excellent-allié-dans-votre-lutte-contre-le-cholestérol-&-l’ostéoporose) et des noix de pécan bio équitables originaire du Pérou vendues en vrac !!!! Exécution !!!]

Alors, autant vous le dire, c’est relou.
Si si, c’est vraiment méga relou.
Est-ce que moi je critique les gens parce qu’ils mangent des anchois ? Et pourtant, une étude très sérieuse de la NASA montre que les personnes qui consomment régulièrement des anchois sont 62% plus susceptibles de développer une addiction à la chanson Hey Ho de Tragédie. (Laboulette John-Victor, « De l’impact des anchois sur la déliquescence occidentale», NASA for dummies, French R’n’B Science Review, 2, Mars – Avril 2012, pp. 45-49)
(si vous êtes un mangeur d’anchois, je vous conseille d’arrêter rapidement. Je crois qu’on fait de super patchs au hareng chez Ikea, référence SCHLINGÖS )

La question sous-jacente qu’on ne me pose jamais parce que tout le monde a déjà un avis bien arrêté sur la question, c’est probablement :

MAIS POURQUOI TU T’INFLIGES CA ?

Réponse.

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark des bonnes marques.

Quand on commence à s’intéresser d’un peu plus près à ce que l’on consomme (et ça arrive a beaucoup plus de gens depuis qu’on a trouvé de la vache hippique dans des lasagnes), et ce quelque soit le type de produit, on se retrouve vite face à quelques incohérences :

Yep. L’idée d’avoir à surveiller ce qu’on consomme est à peu près tout sauf sexy. Voire particulièrement pénible. Déjà que faire les courses, c’est relou, si en plus il faut qu’on épluche toutes les étiquettes….
D’autant que ces saligauds d’industriels font exprès de tout écrire en tout petit ! Les radasses !

Mais vu qu’ils sont tout de même obligés de le faire, et ce malgré toute la mauvaise volonté qu’ils y mettent (police illisible, couleur qui ressort mal, texte planqué là où on ne le trouve pas, etc.), ce serait bête de s’en priver.

lenautruche
Ou alors on peut faire l’autruche. Plein de gens font l’autruche. C’est très « actuel ».

Au final, ce n’est pas si compliqué : la plupart des produits industriels sont vraiment pourris pour la santé, et autant que possible, il vaut mieux acheter à la place des produits manufacturés. (ex : pain + chocolat, ou viennoiseries, pour le goûter, plutôt que des paquets de biscuits ; privilégier les légumes, viandes, poissons ou féculents, à part, plutôt que transformés dans des plats tout prêts, etc.)

Bon, ça, c’est le B à BA… mais pour tout le reste des produits, pas si simple d’éviter les produits chimiques !!

Alors, généralement, plusieurs solutions se profilent :

  • Les produits dits « naturels »ou « authentiques », qui mettent en avant un « petit côté nature » : Yves Rocher, Body Shop, l’Occitane, etc. Et ça plante des arbres, et ça utilise des « actifs naturels » issus de la Nature (avec un grand N), et ça t’embrouille avec du packaging vert, en carton recyclable…
    Le terme exact pour ce type de communication, c’est le Greenwashing. (la petite vidéo ci-jointe est intéressante ; jetez-y un oeil si vous le pouvez)
    Notez que ça fonctionne aussi pour tout un tas de produits « naturels » locaux. Ce n’est pas parce que c’est local que c’est forcément plus sûr : c’est la parole du vendeur contre… la parole du vendeur. (Nan nan, t’inquiète, c’est toootalement naturel tu vois, y’a pas de pétrole du tout, juste de la roche liquide d’origine na-tu-relle, de l’huile minérale et de la petra oleum.)
    … sauf, si vous avez déchiffré l’INCI et visité la petite usine d’à côté en propre. Ce qu’on s’amuse rarement à faire.
  • Les produits de beauté pharmaceutiques, vendus comme leur nom l’indique en pharmacie et parapharmacie, et qui bénéficie d’une image sûre et rassurante. A tort.
    Eh oui ! Ce n’est qu’un choix marketing, du placement de produit intelligent. Choisir d’être essentiellement distribué en pharmacie, c’est une manière de se faire assimiler à des marques médicales. Et au passage, de faire dépenser un peu plus le consommateur. (Oh, hein, faudrait pas se priver non plus!)  La pharmacie n’est de ce point de vue-ci qu’une grande vitrine des groupes pharmaceutiques qui l’ approchent et la visitent régulièrement.
  • Les produits de beauté vendus en parfumerie : Ben c’est la même ; vous remplacez pharmacie et médical par parfumerie et luxe, et on peut vous vendre à peu près n’importe quoi sous un joli logo. Brandiiiiing !!!!

Au final, et si on décortique tout ça, il s’agit juste de savoir en quoi on choisit de mettre sa confiance. Et pour ma part, j’essaie de nager à travers les pièges de com les plus grossiers – ce qui ne signifie pas pour autant que je ne me fais pas avoir également 😀

 

Produits bios, produits naturel, quelle différence ?

Je ne vais pas vous faire un laïus poussif sur la différence entre produits bios et produits naturels : ce serait un peu stupide vu que d’autres l’ont bien mieux écrit que je ne pourrai le faire. Avec de belles images, et tout.
Nana-turopathe , mais aussi Jolie Coquille  et également Every Body Green (un site suisse sur la cosmétique bio)
Je vous invite fortement à jeter un oeil sur ces liens, et tous ceux que je sème dans cet article. Ils sont chouettes ET instructifs. Ils ne font pas le café, mais presque ! Et en prime, vous pourrez étaler votre « culture alternative » à la prochaine pause-café.

En gros, vous pouvez considérer que les produits naturels ne sont pas obligatoirement bios, mais que les produits bios, eux, sont forcément naturels.
D’autre part, le degré d’ingrédients bios et naturels dans chaque produit est variable selon les certificats et logos.
Le mieux est de déterminer quel est son logo de prédilection et de s’y tenir.
Et si vous êtes vraiment ultra concerné(e)s, du genre « Nôn Môssieur moi on ne me pigeonnera pas », je ne peux que vous conseiller le site la Vérité sur les Cosmétiques, qui vous permet de mettre à jour les tactiques de ripoux (celles qui consistent à supprimer le nom d’un produit ayant mauvaise presse, genre sels d’aluminium, bisphénols, parabens,  et le remplacer par un autre nom.)

Greenwashing

Revenons un instant sur le terme de Greenwashing, ou écoblanchiment en français, évoqué plus haut. Les industriels sont très, très fort pour éveiller chez le consommateur un sentiment rassurant. Comment ?
C’est tout simple :

  • Packaging aux couleurs de la nature (vert en général, ou jaune, marron, des couleurs de plantes),ou très épurés (blanc, 0%)
  • des images ou des photos de fruits, légumes, fleurs ou plantes.
  • Des images d’animaux
  • La fameuse mention « naturel » : il faut savoir qu’en France, il n’y a pas de législation autour du terme naturel. On peut apposer le terme naturel sur N’IMPORTE QUEL PRODUIT tant qu’il contient un « extrait de » fiente de chauve-souris, même à 0.01%. Sympa !
  • Des termes évocateurs : « cosmétique végétale« , terme déposé par Yves Rocher, ou des produits « éco« machin ou « bio« truc.

Dans la vidéo sympa d’Anne-Marie Gabelica, sur France 5 , on explique tout ça très bien : Greenwashing = Green + Brainwashing !
Anne-Marie Gabelica d’ailleurs, est la fondatrice de la marque bio Oolution, que vous pouvez retrouver sur plusieurs e-shop en ligne.
Elle explique d’ailleurs très bien que les produits qui affichent « sans paraben » « sans sels d’aluminium« , etc., ne garantissent en rien la qualité d’un produit : la plupart du temps, ces produits sont remplacés par d’autre au moins aussi nocifs, mais moins connus !
Donc, allumez vos radars à Greenwashing, pour éviter le pigeonnage de masse.

[Edit de Novembre 2017 : la Norme ISO 16128-2 qui rentre en vigueur ces jours-ci ne fait que favoriser plus encore le Greenwashing. C’est la fête pour les tricheurs ! ]

 

So, what ?

Perso, j’ai choisi de ne pas me prendre la tête et effectivement, de passer au bio. Passer au bio et naturel, ça signifie regarder le pourcentage d’ingrédients naturels, et indirectement, vérifier l’INCI et la présence de LABEL. Le plus, c’est encore quand la marque présente une démarche éco-responsable.
Tous les produits ne sont pas parfaits, mais j’ai quand même la satisfaction d’éviter nombre de cochonneries – et mon corps me dit merci !!! Moins de perturbateurs endocriniens, moins de pétrochimie, youpi !

Après, tout dépend des points qui vous importent lorsque vous achetez vos cosmétiques. Mais de manière générale, peut-on se passer d’une vision à long terme lorsque l’on choisit de consommer ?

En parlant de points importants, voilà un petit coup de pouce : un scan du magasine ethical living, qui compare plusieurs marques de cosmétique selon des critères notables : effets sur l’environnement, pollution, droit des travailleurs, des animaux, etc. L’image n’est pas très grande, et le tout est en anglais ; mais vous pourrez trouver une version de meilleure qualité de ce tableau sur le site de pinupbio.com (que j’apprécie au demeurant).

201208_ethical living

Comme vous pouvez le constater, tout n’est pas à jeter, et vous n’êtes pas forcément obligé(e)s de devenir un(e) ayatollah de l’organic cosmetics !!!

Je regrette juste de ne pas avoir trouvé de mise à jour plus récente de ce tableau, avec plus de marques, françaises notamment, et vendues en pharma / parapharmacie…
Si ça branche quelques journalistes francophones concernés par le sujet, surtout, ne vous gênez pas !!!!

Pour ma part, je remplace ce que je peux en misant sur la qualité, pas le bio à tout prix.
Je sélectionne soigneusement mes produits de beauté bios ; je choisis habituellement ceux ayant aux moins deux labels différents (exigences croisées), sauf coup de coeur.
Je suis sensible au cruelty-free, et apprécie généralement les produits vegans pour ça.
Je privilégie les contenants recyclables, en verre, en carton, etc., avec une préférence pour tous ceux qu’on peut recharger (type ZAO).

Mais, comme je reste très attachée à l’efficacité des produits que je consomme, je n’admets qu’une faible marge de baisse d’efficience.
Aussi, je n’ai pas encore tout changé (voir mon article sur l’eyeliner bio Boho) ; mais je pense que j’y viendrai, pourvu que je trouve de bons produits. C’est une démarche qui prend du temps, mais qui fait sens pour moi.

Après, le greenwashing, le « naturel », ce n’est vraiment pas ma tasse de thé : de mon point de vue, soit on fait vraiment attention à sa santé, soit on achète ce qui nous fait plaisir – ou qui fonctionne le mieux. Cet entre-deux marketing qui donne l’impression de manger à tout les râteliers me déplait assez.

Mais vous, avez-vous déjà été sensible au greenwashing ? Quels arguments vous ont touché ?
Quelles marques de cosmétique utilisez-vous, et qu’en pensez-vous au regard de ce tableau ?

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